Le calendrier républicain dit aussi calendrier révolutionnaire
Une ère tout aussi révolutionnaire qu'éphémère
La période révolutionnaire instaure à l’automne 1793 une véritable coupure de près de treize années dans le décompte du temps avec la promulgation d’une ère nouvelle et l’instauration d’un calendrier totalement dépourvu de tout caractère religieux, fondé sur l’avènement de la République.
Il s’appellera donc calendrier républicain et restera officiellement en vigueur jusqu’au 1er janvier 1806. A cette date, le calendrier grégorien (celui que nous utilisons encore) reprend ses droits.
Dès les premières années de la Révolution française, on a songé à substituer à l’ère chrétienne une ère nouvelle. Ce fut d’abord l’ère de la Liberté, puis l’ère de l’Egalité…
C'est la Convention qui met en place l’ère républicaine. Dès sa première séance, après avoir aboli la monarchie, l'assemblée de la Convention décrète que ce jour ouvrirait l’ère de la République et que tous les actes seraient désormais datés de l’an Ier de la République française.
Afin de remanier tout le système du calendrier, le Comité d’instruction publique charge une commission présidée par G. Romme de préparer un projet.
Le point de départ de l'ère républicaine
C’est le décret du 5 octobre 1793 qui fixe le point de départ de la nouvelle ère le jour de la proclamation de la République, soit le 22 septembre 1792 (qui se trouvait coïncider avec l’équinoxe d’automne).
L’ère républicaine fut donc théoriquement comptée rétrospectivement à partir du 22 septembre 1792, date anniversaire du premier jour de la République.
A l’automne 1793 (l’an II de la République), l’abolition de l'ère dite vulgaire se traduit par l'abandon de l’utilisation du calendrier grégorien.
Le nouveau calendrier dit républicain est promulgué par décret du 4 frimaire an II (24 nov. 1793).
Des mois égaux et des jours complémentaires
L’année républicaine a été divisée en 12 mois égaux de 30 jours chacun. Il manquait donc cinq jours pour compléter l’année.
Ces cinq journées supplémentaires – situées entre le 16 et le 22 septembre, seront appelées « sansculotides » ou encore jours complémentaires.
Pour les années bissextiles, une sixième journée dite « fête de la Révolution » était ajoutée.
Les mois quant à eux – sur proposition du poète Fabre d’Eglantine – reçoivent des dénominations nouvelles rappelant les saisons :
Automne : Vendémiaire, Brumaire, Frimaire.
Hiver : Nivôse, Pluviôse, Ventôse.
Printemps : Germinal, Floréal, Prairial.
Eté : Messidor, Thermidor, Fructidor.
Fini la semaine. Place à la décade
A la semaine, est substituée la décade. Chaque mois est ainsi divisé en trois décades de dix jours nommés : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, octidi, nonidi, et enfin décadi, jour de repos des travailleurs.
Chaque journée est placée sous le signe d’un objet ou d’un animal symbolique, comme le raisin, la carotte, l’âne ou le cheval…
A noter :: l’adoption du système métrique faillit être poussée à son comble, car on prévoyait de diviser les jours en dix parties égales : « Le jour, de minuit à minuit, est divisé en dix parties ou heures, chaque partie en dix autres, ainsi de suite jusqu’à la plus petite portion commensurable de la durée » cf. l'article 11 du décret de la Convention nationale sur l’ère, le commencement et l’organisation de l’année, et sur les noms des jours et des mois.